Après 30 heures de voyage fatiguantes depuis la Normandie, j’ai enfin posé mes sacs à Villa de Leyva. Pour la toute première étape de mon tour du monde, je ne pouvais pas rêver meilleur point de chute. Loin du tumulte de Bogotá, ce petit village perché dans les montagnes offre une vraie parenthèse hors du temps et une transition en douceur pour s’acclimater au pays.

Rejoindre ce village est un jeu d’enfant. Depuis la capitale colombienne, il suffit de se rendre au Terminal de Salitre (la gare routière principale) et d’embarquer dans un bus en direction de Villa de Leyva.

  • Tarif : environ 50 000 COP par personne (soit à peine 13 €).
  • Durée : environ 4 h de trajet.
  • En chemin : la route serpente à travers les paysages spectaculaires du département de Boyacá. Le bus grimpe d’abord jusqu’à un col à plus de 3 000 m d’altitude avant de redescendre doucement vers la vallée. Les virages sont nombreux, mais les panoramas sur les montagnes verdoyantes font vite oublier le trajet.

Impossible d’arpenter Villa de Leyva sans comprendre son passé singulier. Fondée en 1572 sous les ordres d’Andrés Díaz Venero de Leyva, la cité a été conçue dès le départ comme un havre de retraite pour les officiers et soldats espagnols vétérans.

Après les campagnes militaires de la Conquête, la Couronne espagnole souhaitait récompenser ses hauts rangs en leur offrant des concessions agricoles dans cette vallée au climat méditerranéen particulièrement clément. C’est ainsi que nobles, officiers retraités et grands propriétaires y ont bâti de somptueuses demeures bourgeoises dotées de patios intérieurs.

Au XIXᵉ siècle, le déplacement des axes commerciaux a progressivement isolé la ville du reste du pays. Cet oubli économique s’est avéré être une aubaine : préservée des constructions modernes, Villa de Leyva est restée intacte avant d’être classée Monument Historique de Colombie en 1954.

Flânerie coloniale : que faire dans le village ?

À peine arrivé en fin de matinée, j’ai posé mes affaires avant de partir explorer le centre historique.

On peut facilement passer 2 à 3 heures à déambuler au hasard des ruelles. Les maisons arborent toutes des façades blanchies à la chaux, rehaussées de tuiles rouges et de balcons en bois sculpté garnis de fleurs. Seul piège : les pavés. Le sol est recouvert d’énormes pierres taillées de manière très irrégulière. Tes chevilles vont rapidement te rappeler à l’ordre, alors prévois de bonnes chaussures !

Au détour d’une ruelle, on débouche sur la Plaza Mayor. C’est le cœur battant du village et l’une des plus grandes places entièrement pavées d’Amérique du Sud (plus de 14 000 m2). Entourée de montagnes et dominée par une petite église paroissiale en pierre, la place offre une sensation d’espace impressionnante. On se croirait presque sur le tournage d’un film d’époque.

Les petits cafés, les boutiques d’artisanat et les librairies indépendantes rythment la promenade. C’est d’ailleurs au détour d’une rue que j’ai goûté mes premières arepas (de délicieuses galettes de maïs garnies de fromage fondu), le véritable classique de la street food colombienne.

En poussant la marche un peu plus loin à la sortie du village, tu peux te rendre à la Casa Terracota. Construite en 1999 par l’architecte Octavio Mendoza Morales, cette maison insolite est entièrement façonnée en terre cuite séchée au soleil.

  • Mon avis : le prix de l’entrée étant affiché à 38 000 COP (environ 9 €), cela nous a paru un peu cher pour ce que c’était. Nous avons préféré l’admirer de l’extérieur avant de revenir tranquillement vers le centre.

Après cette première journée de marche, nous avons rejoint notre hébergement pour récupérer du voyage et du décalage horaire. Nous avions réservé deux nuits à l’Hostal de Leyva, une petite adresse charmante, calme et économique (compter environ 175 000 COP pour deux nuits en chambre double).

Randonnée aux Cárcavas de Leyva

Deuxième jour : réveil matinal vers 5h30, jet-lag oblige ! Enfilage de shorts et de chaussures de marche pour un départ dès 8h vers les Cárcavas de Leyva. Ce site naturel regroupe d’impressionnantes falaises et cavités creusées par l’eau et l’érosion au fil des siècles.

Le parcours

  1. Le sentier débute à la sortie du village et grimpe à travers la montagne sur environ 5km à l’aller.
  2. Tu traverseras des zones boisées ou ce qu’il en reste malheureusement après les récents incendies qui ont touché les reliefs voisins.
  3. Le chemin passe ensuite à proximité d’une petite ferme isolée avant d’atteindre le plateau où se situent les canyons.

Arrivé au sommet, le spectacle est saisissant. Les teintes ocre de la terre et la forme des ravines donnent la sensation d’être plongé dans un décor du Far West américain, mais à taille humaine ! Il faut compter environ 3 heures de marche pour effectuer les 10 km aller-retour et partir impérativement avant 8h30. Le soleil tape très fort en altitude et à partir de 11h, la chaleur devient étouffante sur les portions dégagées.

Où manger à Villa de Leyva ?

Avec le développement du tourisme, les boui-bouis familiaux ont peu à peu laissé place à des cafés modernes et des tables gastronomiques. Tu trouveras de tout, mais voici deux adresses testées durant le séjour :

  • Humo Bendito : situé dans une magnifique cour intérieure colorée. Le cadre est superbe et la carte propose une cuisine internationale. Les tarifs y sont néanmoins plus élevés que la moyenne locale.
  • Mi Aura (Mon coup de cœur) : un restaurant familial sans prétention où nous avons déjeuné et dîné. Le « menu del día »(plat du jour complet avec soupe, plat et boisson) y est copieux, délicieux et à un prix imbattable face aux autres enseignes du centre-ville.

Bilan : faut-il intégrer Villa de Leyva à son itinéraire ?

Pour commencer un voyage en Colombie, Villa de Leyva est une étape idéale. Elle offre un premier contact très doux avec le pays, sa culture et la gentillesse exemplaire de ses habitants, le tout dans un cadre sécurisant et reposant.

LéoFilmaker
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